Le
système de Bretton Woods s’effondre au début des années 70, victime des
déséquilibres commerciaux et financiers qui sont apparus à la suite de
l’extraordinaire croissance économique de l’Europe. Le seul dollar ne pouvait
plus suffire à assurer la base monétaire d’un monde dans lequel la part de
l’économie américaine devenait de plus en plus faible. En 1971, le président
américain Richard Nixon décide unilatéralement de suspendre la convertibilité
du dollar en or. Cette décision contraignit la plupart des pays industrialisés
à sortir du système de Bretton Woods en 1973, en abandonnant le principe des
parités fixes.
Ce
grand bouleversement monétaire va profondément modifier les équilibres
économiques issus de l’après-guerre. Chaque pays redevient individuellement
responsable de sa monnaie, et la valeur de chaque monnaie est progressivement
soumise au froid arbitrage des marchés financiers. Si cela pose peu de
problèmes aux pays industrialisés, il n’en va pas de même pour les pays en voie
de développement. La conséquence de la fin de Bretton Woods est d’aboutir à une
augmentation massive des taux d’intérêt pour les économies les plus fragiles
qui doivent défendre leur monnaie. Or, les taux d’intérêt déterminent le coût
de l’emprunt. Pour les pays en voie de développement qui s’étaient engagés dans
une stratégie d’investissement public c’est la fin brutale d’un modèle de
développement fondé sur les investissements publics. Dès la fin des années 70,
de nombreux pays en voie d’industrialisation, notamment les pays d’Amérique du
sud, connaissent une grave crise de leurs finances publiques. Cette crise de la
dette culminera en 1982 avec la cessation de paiement du Mexique.