lundi 10 juillet 2017

La G.D.B.



Réveil lundi 8 mai, fête de la victoire de mauvais augure. Hier, soir c’est la tronche de la fille du borgne qui est apparue sur le petit écran.
A mon âge, si mon courage est toujours là, mes facultés pour des batailles rangées ont sérieusement diminuées, mais il faut y aller, entrer en dissidence, avant de prendre les armes.
Dans mon administration, si j’étais encore en activité, j’aurais dû ferrailler contre les nouveaux collabos, qui du jour au lendemain se seraient découverts, contre les décisions allant à l’encontre du service public, contre mon exclusion et celles de mes camarades militants syndicaux. Il aurait été nécessaire d’entrer en clandestinité pour tremper ma plume dans le vinaigre pour condamner les nouveaux hérauts fascisants. Il m’aurait été utile de relire l’histoire de la résistance…
Obligé de changer toutes les adresses du gouvernement et puisque Vichy, c’est d’un autre temps, choisir Bézier sera opportun.
Sur le petit écran, chaque chaine  se livre une concurrence acharnée pour diffuser le jour du « saigneur ». Les cinés et théâtres de quartier voient leur existence mis en péril par les coupes sombres dans les budgets et par le ministère de la censure, qui a supplanté celui de la culture.
Les nouvelles agences privées (travail/patrie) appliquent le plan de retour à la maison des femmes, mesures prises pour lutter contre le chômage des hommes. Elles sont incitées à ne s’occuper que des enfants !
Les prud’hommes dissouts, les purges au sein de tous les barreaux de France et de Navarre entraînent un accroissement des mesures de justice expéditive. Les prisons débordent. Certains proposent de concevoir et tester des miradors équipés des nouvelles technologies.
Des porteurs de képi, si heureux de leur vote majoritaire, sont revenus. Après mon pote Abdel, ce coup-ci ils sont venus chercher Léopold mon voisin sénégalais. Nous n’avons plus de nouvelles ; mais je ne vais pas tarder de les rejoindre, moi le protestataire, le progressiste, le rouge.
En attendant, la faculté de derrière chez moi est investie par les étudiants, déjà en guerre contre les milices du GUD ressuscitées et de l’UNI subventionné par le commissaire de la Nation, qui a pris la place du préfet. Les forces de l’ordre, dont les effectifs ont été multipliés par deux attendent de charger l’arme au pied.
Dring, dring, on vient me chercher…Non c’est le réveil qui me tire de cet affreux cauchemar. La lutte continue donc !

dimanche 9 juillet 2017

Ce qui n’est pas un poisson d’avril

3 informations du Courrier de l’ouest du 3 avril 20171)- L’évêque d’Angers se désole de ce que « nos villages sont nombreux à ne plus avoir de curé. Le nombre d’ordinations diminue très sensiblement dans nos diocèses et cela crée des difficultés pour couvrir le territoire comme jadis.»  C’est alors qu’il vient de recruter un prêtre Burkinabé.
2)- Celui-ci déclare avoir été bien accueilli par des paroissiens plutôt âgés, « il manque la tranche 15-50 ans », et il  est très étonné d’arriver dans un pays « où l’Eglise est minoritaire. »
3)- Le maire d’une petite commune rurale dit que « l’entretien de l’église sans intérêt architectural lui coûte les yeux de la tête » au détriment d’autres investissements collectifs alors qu’il n’y a plus qu’une poignée de pratiquants du dimanche, « surtout des gens âgés et des enfants ; il manque les adolescents et les jeunes adultes. »   Et conclut : « Pas besoin d’être anticlérical pour en convenir, c’est cher la messe et cher le paroissien. Il faudrait dépoussiérer la loi de 1905. »
Car c’est bien cette loi plus que centenaire qui fait obligation à l’Etat et aux collectivités locales de la République - articles 13 et 19 - d’entretenir à grands frais et coût que coût le gros œuvre des édifices des cultes catholique, protestant ou juif antérieurs à 1905, l’islam étant arrivé trop tard, sauf la mosquée de Paris !
Résumons : sans la loi de 1905, les religions seraient à la rue et les finances publiques se porteraient mieux.
Transigeons : s’en tenir aux monuments classés en tant que patrimoine historique national, chefs d’œuvres de nos architectes, ingénieurs et ouvriers des temps anciens.
Max  Bayard

samedi 8 juillet 2017

Le gogo

Toute ressemblance avec des situations déjà vécues ne serait pas fortuite !

On se croit toujours plus malin que les autres…
Voilà une petite anecdote qui me servira de leçon.
Comme chaque jour ou presque, j’ouvre ma messagerie internet et je lis consciencieusement  ou presque les courriels reçus ; je suis alerté par un appel à l’aide d’un camarade, disons même d’un ami, frère de tant de combats syndicaux.
« Je suis au Luxembourg et j’ai perdu mes papiers, carte de crédit et téléphone… » ; il sollicite mon aide financière pour sortir de la galère. Ni une, ni deux, je file quérir des coupons de rechargement (1) pour réanimer son compte. Comment ne pas être solidaire, déjà par principe, alors pour un ami !
Qu’allait-il donc foutre au Luxembourg, la pensée unique qui m’est venue à l’esprit. Voulait-il rejoindre Jean-Claude Juncker (2), dans ce merveilleux paradis fiscal, pour des placements un peu hasardeux ?
Cependant heureux du devoir accompli, je ne m’attendais pas à recevoir un nouveau message pour l’aider au rapatriement.
Enfin, un petit instant où le subconscient veut bien se réveiller et mettre en alerte ma crédulité, pour me dire, c’est louche !
Alors un petit appel au camarade et surprise, surprise, il est chez lui, ne jamais été dans ce paradis de fraudeurs et que le gogo, c’est moi, je me suis fait avoir en beauté.
Un peu piteux, un peu moins riche, je file dans la maison des «condors » pour porter plainte. J’apprends que je ne suis pas le premier, maigre consolation. Les deals se passent de l’autre côté de la méditerranée, me déclare-t-on. Gageons que ce propos ne soit pas entaché de xénophobie et je rassure ma conscience en pensant que ces euros feront peut-être quelques heureux qui ont faim. Illusions, illusions !
Voilà l’histoire d’un gogo qui ne voulait pas se faire plus grosse que le bœuf mais qui malgré tout se la jouait un peu !
Un ordinateur piraté, une adresse internet non vérifiée, un naïf quelque peu étourdi mais solidaire et le tour est joué.
Il pourrait y avoir deux morales à cette histoire ; le première éviter de donner des conseils aux autres quand on ne se les applique pas à soi-même ; la seconde, mon ami et camarade sait à présent qu’il peut compter sur quelqu’un, même un gogo !

Avis à la population, ne tombez pas dans le piège.

 (1) Ils permettent grâce à un code mentionné sur le dit coupon de débloquer les sommes indiquées vers un compte de tiers
(2) actuel président de la commission européenne et ancien premier ministre luxembourgeois

vendredi 7 juillet 2017

Guerres des religions

Torquato Tasso, dit Le Tasse, est un poète italien célèbre de la cour de Ferrare qui finit fou en 1595.
Il est l’auteur de La Jérusalem délivrée  (1575), vaste poème épique traduit en prose et que je viens d’acquérir en édition dorée sur tranches du XIXe siècle, soit 388 pages.
Le sujet est la Première croisade (1096-1099) menée par le Franc Godefroi de Bouillon et son frère Baudoin suite à l’appel de Clermont de 1095 du pape Urbain II qui promettait la remise des péchés aux chevaliers qui partiraient avec leurs troupes à leurs frais et leur risque et péril.
Croisade décidée parce que les Turcs Seldjoukides nouvellement venus après avoir renversé les Arabes Abbassides, avaient soudain refusé le libre accès des pèlerins occidentaux au tombeau du Christ et à la vraie croix, et massacré une partie de la population, l’autre étant réduite à l’esclavage.
La ville libérée, un royaume chrétien de Jérusalem est créé dont

jeudi 6 juillet 2017

breves

Question :
Les sciences, les arts, le droit, l'idéologie corsètent une société. Sont-ils le fait des hommes, ou l'inverse ? Observons qu'on met ces termes en question au fil du temps. A l'évidence parce qu'ils sont inachevés.

Vote. 
En France le vote est un droit. Et il a été conquis progressivement de hautes luttes. C'est donc aussi un devoir citoyen. Approuver l’abstention, c 'est nier ce devoir, s'abstraire de la démocratie. Par contre il serait démocratique et civique de promouvoir le vote blanc dans le décompte des suffrages exprimés.

Confiscation
Un parti a osé confisquer à son profit (les termes ne sont pas trop forts,),le mot républicain. Or, républicain n’est en rien partisan en soi. Il renvoie à la République qui a vu le jour en France en 1793 ; Nous sommes en régime constitutionnel ; et l'on peut s'étonner pour le moins, que le Conseil Constitutionnel n'est rien trouvé à redire de cet accaparement partisan. Mettons nous dans la tête que tous les citoyens sont à priori républicains.

Sans commentaire

« Il est beau, il est dynamique. Il va nous redonner la vie ». Déclaration d'une spectatrice au défilé de Macron aux champs Élysées, le jour de son intronisation. On a pu lire dans l'hebdomadaire Die Zeit :  Aujourd'hui Macron « veut approfondir la zone euro.... renforcer le Parlement Européen et restructurer les armées européennes pour former une troupe multinationale »... Au lieu du Frexit, c'est En marche qui arrive en Europe ». Vu de Chine ; selon le mensuel officiel de Pékin (Huanqiu Shibao) : « la France montre la voie de la raison ».
J.P.B.

mercredi 5 juillet 2017

Laïcité et intégrisme

Le régime politique laïque installe une dualité libératrice permettant à chacun d’échapper aussi bien à la pression sociale de proximité qu’à une uniformisation officielle d’État. Les intégrismes, qui ne souffrent aucun point de fuite, ne peuvent que le détester. Aussi la laïcité est-elle le point de résistance le plus puissant pour les affronter – à condition de ne pas renoncer à cette puissance par des « accommodements » qui la ruinent1.
L’injonction d’uniformisation
L’intégrisme ne peut pas souffrir les points de fuite par lesquels on peut échapper, même momentanément, à son exigence d’uniformisation de la vie et des mœurs. Tout ce qui rompt ce tissu qu’il veut intégral, ordonné à une parole unique, tout ce qui peut le rendre perméable à une autre parole, à une autre manière de vivre, lui est odieux. Rien d’étonnant à ce qu’il s’en prenne à la liberté d’expression, et généralement à toute