mercredi 18 septembre 2019

Le RIP, un triple défi, démocratique, économique et institutionnel


Alors que déroule la procédure de recueil de soutiens au référendum d'initiative parlementaire (RIP), celui-ci soulève trois défis qu'il est nécessaire de décrypter.

Cette procédure de recours au référendum réactive un débat historique sur la question de la forme de la démocratie. Doit-elle être uniquement délégataire et représentative ou participative et jusqu'à quel niveau ?
L'actuelle constitution stipule dans son article 3 que « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par voie de référendum. ».
S'agissant des représentants du peuple, ceux-ci sont élus au suffrage universel mais l'article 27 de la constitution précise que « Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du Parlement est personnel. ».
Autrement dit, le parlementaire ne peut être élu sur la base d'un mandat qu'il devra impérativement respecter sous peine de sanction, voire de révocation.
Il est donc totalement libre de ses votes en tant que parlementaire, la délégation de souveraineté est par conséquent sans autre contrôle que l'échéance électorale à venir.
Le second moyen de l'exercice de souveraineté populaire est

mercredi 9 janvier 2019

L'Europe qui contrôle


Commentez les deux articles ci-dessous

L’Europe


Les commentateurs rabâchent pour enfoncer le clou : "Macron, c’est le héros de l’Europe", alors que Mélenchon ne vise qu’à la détruire par son nationalisme étriqué. Quant aux lepénistes, ils ne se livrent qu’à une discrimination morale et politique sans perspective. Mais, dans les faits, avec le traité de Maastrich, la France est passée sous la coupe d’une bureaucratie bruxelloise dont le principal souci est d’imposer le primat à la concurrence.

Et le peuple souverain ?
On nous parle de peuple européen. Billevesée ! Le Parlement européen renouvelé au printemps 2019 n’est que la juxtaposition de la représentation de 27 États ne disposant pas de droits d’initiative, ni de droit d’amendement.

Et le social ?
Toute proposition concernant la Sécurité sociale, la protection sociale ne peut résulter que d’une décision UNANIME du Conseil des ministres européens (article IV – 210 - 1 et 3). Et l’article 279-3 exclut toute harmonisation des dispositions législatives concernant la fiscalité et les droits du travail salarié.

lundi 15 octobre 2018

Bénéfices et emplois

Medef et gouvernement affirment que plus les entreprises font des bénéfices, plus elles créent des emplois. A vérifier.
Les entreprises du CAC 40 viennent de déclarer leurs résultats pour le premier semestre 2018, ils sont excellents côté bénéfices mais beaucoup moins brillants côté emplois.
Quelques exemples particulièrement significatifs.
Michelin annonce pour ce premier semestre 917 millions d'euros de bénéfice et prévoit la suppression de 1500 emplois pour la période 2017-2021.
Engie affiche 938 millions de bénéfice et 2500 emplois sont menacés en 2018-2019.
BNP Paribas déclare 3,96 milliards de bénéfice et son « plan stratégique » prévoit la suppression de 5000 emplois pour la période 2016-2020.
Le député La R.E.M Laurent Pietraszewski, rapporteur de la loi de ratification des ordonnances travail déclarait récemment : « Nul ne souhaite qu'une entreprise qui réalise un bénéfice (…) puisse en même temps licencier en toute impunité des salariés pour des raisons d'opportunité financière. ».
Inconscience, cynisme ou indignation de façade ?
A vous de voir.

samedi 13 octobre 2018

« Va, cheminot, chemine ! »

Texte de Danièle Sallenave pour soutenir les cheminots


On l’aura compris, l’occasion était trop belle. Au prix d’un glissement orthographique, je n’ai pas résisté au détournement facile de la réplique célèbre du vagabond, dans un drame de Jean Richepin : « Suis ton destin ! Va chemineau, chemine. » Je le lis comme un encouragement pour les cheminots, avec un o cette fois : à persister dans leurs principes, dans leurs valeurs. Et peut-être à nous montrer le chemin.
Ma tête est remplie de récits, d’anecdotes, d’allusions aux cheminots. A leur histoire, à leur vie rude, à leurs grèves, à leur rôle dans la Résistance. A leurs carrières « aux chemins de fer ». Celle de l’un de mes oncles, par exemple, qui à quatorze ans nourrissait le foyer à grandes pelletées de charbon comme Carette dans la Bête humaine. Et termine aux commandes d’une locomotive électrique. Celle de l’un de mes grand-pères, qui peignait d’élégants filets d’or sur les wagons de voyageurs. Dans ma famille, on est « aux chemins de fer » quand on n’est pas instituteur. Et il y a plus d’un rapport entre les deux : les lignes ferrées ont conquis le territoire et l’ont occupé pour la République, comme le faisait l’école.
Mes origines et mes racines, c’est au début du siècle dernier, celles de familles issues de

vendredi 12 octobre 2018

Citoyens ou robot ?

Intelligence artificielle. Ce serait la maîtresse du monde en devenir. Cela à partir du fabuleux et fameux algorithmes triant et analysant d’immenses bases de données dans tous les domaines, aussi bien ceux de la santé que ceux de la justice. Tout serait calculé, ajusté, prévisible. Au total, une révolution technologique. Mais l’aspect social ? La machine ne pourra pas le prendre en compte. Elle ne peut, au mieux, qu’être une aide à la décisions. Elle ne peut qu’aiguiller la décision du spécialiste. Au fond, c’est une société totalitaire que celle de l’intelligence artificielle. Elle est soit au service d’une idéologie, soit au service d’intérêts économiques marchands. Demain la machine souveraine de l’humanité 
 
J.P. Brachet

mardi 10 juillet 2018

Macronie

A priori la démocratie implique que les citoyens sont souverains, soit par le biais du référendum, soit par des élections législatives déléguant leur pouvoir. Or les citoyens pour exercer leur souveraineté ont besoin d’être avertis, d’avoir une conscience claire des enjeux. L’information est censée y pourvoir. Faut-il encore qu’elle soit sérieuse et complète, que l’on puisse la contrôler. Or la télé FR3 vient de supprimer les comptes rendus hebdomadaires du Sénat après avoir supprimé à la rentrée de septembre les débats de la Chambre des députés. En conclusion voilà les citoyens de ce pays dépourvus d’un contrôle minimal.

lundi 9 juillet 2018

Mai 68 (réflexions)

Ce fut essentiellement un mouvement de révolte de la jeunesse ; mouvement transversal aux classes sociales. Ce fut en fait une a-révolution (a ayant en l’occurrence un sens privatif). A l’époque le plein emploi était saturé et le progrès (sociétal et technique) apparaissait sans rivage : l’écologie n’était pas encore à l’ordre du jour. Par la suite a émergé l’idée que le mécanisme révolutionnaire avait échoué au profit du gauchisme culturel que le P.S. avait fini par récupérer. Cette contre-culture, culturelle et sociétale, va finir par s’institutionnaliser. J’en veux à la gauche d’avoir glissé de la question sociale vers des questions culturelles et sociétales, nous dit l’historien Jean-Pierre Le Goff. On observe le passage dans les années 80 de la gauche sociale à la gauche morale, comme en témoigne le succès des Enfoirés de Coluche. C’est un basculement qui s’opère : Je ne te promets pas le grand soir, mais juste à manger et à boire. C’est cela changer la vie.
Dans le macronisme actuel, il n'y aurait qu'un seul monde possible; et il faudrait s’y adapter car il n'y aurait pas d'alternative.

J.P. Brachet